In bed with your alter ego, matelas, mixed media, 190 x 150 x 25 cm, 2016

"La nuit domestique est frayée de pierres phosphorescentes. Le sommeil est limpide, les rêves sont agités. Nous payons le prix de l’amour ignoré. Nous naviguons à répétition vers une dimension cachée. Le désir n’est plus et pourtant, nous nous figeons dans le lit matrimonial. Rester sans insomnie, et ne surtout pas changer la place des fétiches. La vague est lente, et pourtant le rythme est provocant. Mon sexe est cristallisé, mon désir est libre."

Michael Stora

Avec “In bed with...”, le matelas symbolise l’empreinte de l’intime, et l’imprégnation du souvenir. Il lie ainsi l’objet du quotidien au vécu et à l’émotion, combine alors le matériel et l’immatériel. Créé à partir de multiples textures et matériaux, l’aspect visuel brut et hétérogène de la scultpure évoque la disparité et la bigarrure. La pièce tourne mécaniquement sur elle-même pour donner à voir les deux faces et interroger la diversité créée par l’association.

Elle symbolise ainsi le lieu de l’altérité, de la rencontre et du partage, et permet sous cette approche de questionner et reconsidérer le couple. Comment se créee le passage de la fusion à l’altérité au sein du binôme amoureux?

    Ce projet interpelle donc sur les composants de l’altérité dans le couple : la part du féminin et du masculin de chacun, et la place du sexuel dans l’alterité. La réalisation se nomme “B”, évoquant la face A et B d’une même personne, le dedans et le dehors, la disparité au sein d’une unité, mais aussi la “face B”, celle qui présente un enregistrement jugé secondaire ou dans un style trop différent.

Mais laquelle est-ce ?

©Séverine Assouline, 2019